Vladislas de Lubicz-Milos ou les inepties d’un adepte « Nobélisé » de la « raison mondialisée »

L’emballage compte souvent beaucoup plus que le contenu. La mélodie, l’émotion portée par la voix, masquent souvent la vacuité du contenu.

Psalmodier un texte sacralisé par une tradition religieuse ou le réciter en respectant un rythme, un phrasé réglé par la tradition lui confère parfois une intelligence, qu’intrinsèquement, il ne possède pas.

La forme du texte, la manière très étudiée dont on le déclame, l’émotion que l’on met dans la voix lorsqu’on le récite, conduit parfois à une forme de trahison de l’intellect par les sens. Les artifices de forme viennent souvent soutenir un contenu ne se suffisant pas à lui-même,

Ainsi les rimes, la forme de la récitation et l’émotion que porte la voix donnent des allures de solennités, de profondeur, à un texte qui s’il était livré à lui-même demeurerait purement et simplement insignifiant, voire stupide.

Si je devais choisir quelques vers, pour le coup, beaux et à la fois signifiants, je sélectionnerais cet extrait d’un poème de Baudelaire :

Je sais qu’il est des yeux, des plus mélancoliques,

Qui ne recèlent point de précieux secrets

Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans sans reliques,

Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, Ô Cieux !

Le texte intitulé « INCANTATION » de Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz ressemble à ces yeux. Sa forme poétique lui confère une apparence de vérité, de profondeur, alors même que l’étude de son contenu révèle son véritable caractère…la stupidité grandiloquente.

Paul Feyerabend considérait que « le nombre d’idioties fourrées dans ce poème était incroyable. »

Milosz, ce « vice-président exécutif des relations publiques de cette entreprise que l’on appelle « LA RAISON MONDIALISEE », pourtant prix Nobel de littérature, propose  la vision la plus totalitaire qui soit dans ce poème intitulé « Incantation » dont un extrait est reproduit ci-après :

La raison humaine est invincible et belle.

Aucun barreau, barbelé, autodafé,

Aucun jugement d’exil ne peut triompher d’elle.

Dans la langue, elle inscrit l’universelle

Et guide notre main qui écrit JUSTICE et VERITE

En lettres capitales, mensonge et oppression en minuscules.

Nous offrant le domaine du monde à gérer.

Elle protège les phrases austères et transparentes

De l’immonde discordes des mots torturés.

Belles et juvéniles sont Philo-Sophia

Et poésie, son allié au service du bien.

Leurs ennemis sont liés eux-mêmes à la destruction.

Ainsi, la raison qui s’exprimerait au moyen de « phrases austères et transparentes » serait destinée à « gérer le domaine du monde » et la protègerait contre « l’immonde discordes des mots torturés », c’est-à-dire des opinions divergentes.

Ces opinions divergentes, selon le « génie » nobélisé, serait simplement des mensonges.

La raison mondialisée deviendrait ainsi la source de la JUSTICE et de la VERITE.

Selon Paul Feyerabend, cette raison mondialisée, normalisée, « se place elle-même « au-dessus » des vies réelles des êtres humains, exigeant, comme toutes les idéologies totalitaires, le droit de reconstruire le monde à partir de la hauteur de ce qui « devrait être », c’est-à-dire en accord avec ses propres préceptes « invincibles ».

« Arrogante, autosatisfaite et totalement aveugle, voilà ce qu’est cette foi en la vérité et la raison pour laquelle une discussion démocratique n’est « qu’une immonde discorde de mots torturés. »

Finalement, Milosz, l’humanitaire, le bien-pensant, nous renvoie à notre présent, à ces prétendus bien-pensant autoproclamés qui ne supportent pas la contradiction, ces « amis présumés de la raison qui la distorde pour l’ajuster à leurs intentions. »

Il nous rappelle ces jeunes qui entament leur cursus universitaire dans des département de sciences sociales, arrimés solidement, à un système de croyances préexistant destiné, sauf grave accident de la vie, à ne jamais évoluer.

Les études de sociologie dans lesquelles ils s’engagent parfois jusqu’au doctorat, leur servira à produire des rationalisations, des justifications, propres à soutenir leur idéologie fixe et totalitaire, à orner leurs dogmes d’un apparat académique, et à obtenir un doctorat afin de légitimer aux yeux des ignares qui les suivent leur discours et de pouvoir ensuite coopter d’autres jeunes qui soutiendront les mêmes idées fixes.

Si Jean-François Lyotard, représentant de ce que l’on appelle post-modernisme, a tenté de mettre au même niveau les métarécits scientifiques et les récits mythiques, pour disqualifier la science, fragmenter les savoirs et les sociétés, Paul Feyerabend, a eu le mérite supérieur de distinguer entre deux attitudes, l’attitude critique, qui fait avancer l’humanité, et l’attitude dogmatique, que nos activistes totalitaires, parés d’un vernis universitaire, ont définitivement adopté pour le plus grand malheur de l’humanité.

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